Ουσία και μεταφυσική πρωταρχή της Ιστορίας ως γίγνεσθαι

 

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1974 (EN)
Ουσία και μεταφυσική πρωταρχή της Ιστορίας ως γίγνεσθαι

Θεοδωρακόπουλος, Ιωάννης Ν.

La naissance de la Philosophie de l’Histoire, au xviiie s., est due, entre autres, à la découverte par les Européens de l’Occident des civilisations inconnues jusqu’alors, à l’étude de l’antiquité classique et de la Bible et à la grande confiance à la raison. La réflexion sur l’essence du devenir historique fut portée à la recherche du but de ce devenir et des lois qui y mènent. A la fin du xixe s. la recherche aboutit à la conclusion selon iaquelle ce qui importe dans l’histoire c’est l’unique et l’exceptionnel. C’est là justement que réside la différence entre l’histoire et la nature. Cet unique - apanage de la liberté de l’homme - caractérise la vie humaine, constitue l’histoire de l’homme et c’est ce qui distingue l’homme de l’animal. Seul l’homme est un être historique. L’histoire commence avec l’homme. Cette notion de commencement n’a rien à faire avec le temps; elle a une portée ontologique, elle est corrélative avec la notion de liberté, que l’homme introduit partout dans sa vie et au moyen de laquelle il marche en avant de la nature, il transforme sa situation naturelle en situation historique. L’essence de l’homme réside dans la prépondérance de l’esprit par rapport à la nature. Le fait que l’homme devient ce qu’il est en se conformant à l’esprit est le principe à la fois ontologique et axiologique de son être et l’élément constitutif de l’histoire. L’existence et la compréhension de l’homme sont indissolublement liées avec son historicité, sa culture. De même l’élément tragique, l’aliénation qui distingue l’homme de l’animal, appartient à son historicité. L’aliénation pour l’homme est un aspect de son autoréalisation, elle concerne tous les domaines de la vie humaine, et non seulement le domaine économique, comme l’a cru Marx. Le processus historique est mouvementé; l’homme à la poursuite de son propre être se rend compte de son passé, l’assume et ouvre la perspective de son avenir. La rencontre de l’expérience du passé et de la perspective de l’avenir se réalise dans le présent. De trois sortes de causalité, la causalité spirituelle, psychique et physique, la première est fondamentale pour le devenir historique, les deux autres contribuent à ce devenir comme causes secondaires. L’histoire a un sens dès que l’homme, son créateur, lui donne un sens, cela veut dire dès qu’il entreprend, au moyen de son esprit, de dépasser le processus aveugle du devenir physique; ce dépassement signifie l’apparition de la liberté. Liberté et historicité sont donc des notions corrélatives. Le processus historique diffère en cela du processus physique, soumis au déterminisme. Certes, il existe toujours en histoire des liens entre ce qui est moderne et ce qui appartient à la tradition. Ce qui caractérise l’esprit est justement cette plasticité qui consiste à accueillir le neuf sans se détacher complètement du traditionnel, à introduire des échanges mutuelles. La causalité historique recouvre ainsi, entre autres, la continuité du processus historique, la durée. Le but de l’histoire consiste dans la création des oeuvres objectives et ceci est lié avec l’effort laborieux et perpetuel de l’homme, de la personne, qui, seule, est créatrice de l’histoire. Le propre de la personne est aussi la conception du divin et l’inslituticn de cette notion au sommet du processus historique. Les bouleversements historiques sont toujours en connexion avec l’esprit religieux, voire l’orientation vers l’Absolu. La causalité spirituelle est partout en vigueur; ceci est valable même pour le marxisme qui devint, malgré son opposition, une sorte de religion. L’économie, certes, est un facteur essentiel de la vie humaine. Cependant, la culture est le résultat du travail seulement dans le cas où la notion du travail enveloppe aussi celle de la spiritualité. Dans la seconde sorte de causalité, la causalité psychique, se rencontrent le spirituel et le physique. Le physique reçoit un certain sens au moyen de l’esprit par l’intermédiaire de l’être psychique. L’alliance du spirituel et du psychique, du passionnel, si l’on peut ainsi parler, limite la plasticité et la liberté de l’esprit. Cette alliance est, par conséquent, tantôt positive, tantôt négative. Le psychique l’emporte dans les masses, ceci est particulièrement vrai pour notre époque. D’autre part il existe une fausse interprétation de l’homme et de l’histoire qui consiste dans l’absolutisme du psychique. La psychologie expérimentale, se servant de méthodes des sciences physiques, nie le spirituel. La critique de Husserl et de Rickert contre le psychologisme a réhabilité la liberté de l’esprit. Ce qui est vrai est que le psychique participe à la formation du processus historique. Dans le psychique le quantitatif se transforme en qualitatif (voir les théories modernes des sensations). La causalité psychique se confirme par le renversement du sentimental, la rupture avec les valeurs du passé et l’élan vers le neuf. C’est ce qui caractérise les périodes de grands bouleversements spirituels (ex. les premiers siècles du christianisme, la Renaissance et surtout notre époque). Le renversement de la conduite sentimentale des gens à l’égard du passé, le retournement vers le présent et l’avenir, ou le contraire, sont des modalités permanentes du processus historique. La part de la causalité psychique dans le processus historique a pour conséquence l’impossibilité d’interpréter l’histoire uniquement par la raison. La troisième sorte de causalité, la causalité physique est plus négative que positive; cette causalité n’a ni le primat, qui appartient à la causalité spirituelle, ni la spontanéité, qui caractérise la causalité psychique. Les causes naturelles - climat, sol, etc. - influencent l’homme au moyen de son être psychique et leur influence aboutit à l’esprit. Par rapport à l’esprit, dont la liberté est la différence spécifique, l’homme n’est point le produit de ses conditions de vie.

Επετηρίδα

Γίγνεσθαι
Ιστορία
Συστηματική Φιλοσοφία


1974

Text

French
Greek



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