Η ερμηνεία του αρχαίου Σκεπτικισμού από τον Hegel

 

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Η ερμηνεία του αρχαίου Σκεπτικισμού από τον Hegel

Πεντζοπούλου - Βαλαλά, Τερέζα

L’importance que Hegel accorde au mouvement de pensée philosophique inauguré par les sceptiques grecs est un fait incontestable dont témoignent les longs développements qu’il lui consacre dans ses Leçons sur l’Histoire de la Philosophie. La confrontation du dogmatisme et du scepticisme dans l’Antiquité fournit, d’ailleurs à Hegel l’occasion d’y voir un exemple illustrant de façon concrète la marche dialectique de l’esprit. A maintes reprises Hegel souligne en effet la haute conscience dont ces philosophes ont fait preuve dans leur recherche du fondement du savoir. On rencontre un point du vue analogue dans son étude La relation du scepticisme avec la philosophie. Cependant, Hegel manifeste une préférence marquée pour les Nouveaux Académiciens plutôt que pour les pyrrhoniens. La pensée d’Aenésidème paraît ainsi reléguée au second plan. D’autre part, l’on connaît la polémique de Hegel contre cet aspect du scepticisme moderne représenté, à son temps, par Schulze, Professeur de philosophie à Helmstedt et à son temps, par Schulze, Professeur de philosophie à Helmstedt et à Göttingen. Ces faits ont permis à J.-P. Dumont de formuler, à l’adresse de Hegel, une critique assez vive sur la façon dont le philosophie allemand a interprété le scepticisme grec. Aussi bien dans son livre Le phénomène et le scepticisme (Paris, Vrin 1972), que dans la Préface à la traduction française du texte hégélien cité plus haut sur la relation scepticisme avec la philosophie (Vrin 1972). J. –P. Dumont soutient que Hegel a commis un « contresens de génie » identifiant le scepticisme grec avec la doctrine des Nouveaux Académiciens. Hegel, dans son effort de voir à tout prix dans le scepticisme grec l’illustration de son intuition philosophique profonde, méconnaît le vrai visage de la doctrine des sceptiques grecs. Loin d’être une théorie de la pure négation, cette doctrine ne serait qu’une théorie scientifique et ce serait sous cet angle qu’il conviendrait de la juger dorénavant, accordant au «phénomène» une valeur épistémologique. Le besoin de mesurer la portée d’une telle thèse nous a donc poussés à voir de plus près les textes hégéliens afin de procéder à un examen critique des différents arguments avancés par J.-P Dumont. Les sceptiques grecs ont bien saisi, selon Hegel, la finitude de l’être déterminé; ils ont également saisi ce fait primordial, à savoir que la négation doit suivre toute affirmation dogmatique, puisque’ elle y est incluse implicitement. Ils ont séparé le penser et l’étant, mais ils sont restés à ce moment négatif, à cette négation qui dissout l’être déterminé. Ce qui leur a donc fait défaut c’est le passage au moment positif où cette négation est elle-même médiatisée, où elle devient elle-même positive. Le scepticisme grec représente ainsi le moment dialectique de tout déterminé. Si nous nous penchons maintenant sur la thèse du contresens commis par Hegel, il nous semble que les arguments de J.-P. Dumont appellent certaines réserves. Accuser Hegel d’identifier ou même de confondre le scepticisme et la Nouvelle Académie signifie accuser Hegel d’une mauvaise connaissance du texte de Sextus Empiricus. Or, dans ses Leçons sur l’Histoire de la Philosophie non seulement une telle confusion ne se rencontre pas, mais encore Hegel lui-même prend soin de soulever la question des différences et des rapprochements entre ces deux écoles. S’il penche vers un rapprochement, c’est que les témoignages et les sources le lui permettent. La remarque, d’autre part, selon laquelle la tendance à identifier ces deux doctrines s’expliquerait aisément par la grande diffusion des Academica de Cicéron, semble perdre son poids dans le cas de Hegel qui avait une connaissance profonde et directe des textes grecs. Le deriner point de la thèse de J.-P Dumont que le vrai visage du scepticisme grec est à chercher dans sa dimension épistémologique, paraît de loin le plus important. Or, l’ampleur que l’auteur lui donne dans la conclusion de son livre le fait apparaître comme particulièrement discutable. S’il est vrai que les sceptiques grecs insistent sur l’idée de phénomène en tant que critère, s’il est également vrai que la doctrine des médecins de l’école empiriste est fondée sur l’observation des phénomènes, il n’en reste pas moins vrai que le scepticisme grec est, dans son essence, une doctrine philosophique fondant une théorie de la négation de l’ être déterminé, qu’il soit sensible ou bien intelligible. C’est cela la signification profonde des tropes de l’époché. Il y va de l’être dans le scepticisme grec; le nier serait le dénaturer. Si le phénomène se présente comme une donnée originaire – face à un «adélon» médiat – c’est qu’il a, selon nous, une signification qui dépasse son sens épistémologique. Le phénomène a chez les sceptiques grecs une valeur existentielle. C’est par cet aspect qu’il acquiert une primauté sur l’être et son dépassement une tentative de pensée scientifique, à travers un phénoménisme qui lui est étroitement la vraie nature du scepticisme grec, qui reste toujours, à notre sens, une doctrine métaphysique. Sous cet aspect, où les sceptiques grecs retrouvent leur place de philosophes, au sens de théoriciens de l’être, l’interprétation hégélienne conserverait, nous semble-t-il, sa valeur.

Επετηρίδα

Ιστορία της Φιλοσοφίας
Σκεπτικισμός
Εγελιανή Φιλοσοφία
Γ. Φ. Χέγκελ


1975-1976

Text

French
Greek



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