Το φιλοσοφικό σύστημα του Θεοδωρακόπουλου σε σχέση με την φιλοσοφία και την γενική θεωρία του δικαίου

 

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Το φιλοσοφικό σύστημα του Θεοδωρακόπουλου σε σχέση με την φιλοσοφία και την γενική θεωρία του δικαίου

Μητσόπουλος, Γεώργιος

L΄accent est d΄abord mis sur l΄assise sur laquelle le Professeur et Membre de l΄Académie d΄Athènes Théodorakopoulos avait basé son enseignement, à savoir la philosophie grecque ancienne, et on cite ses phrases caractéristiques: «Sans étude des textes classiques, philosophiques, historiques et littéraires, nous n΄aurions jamais pu acquérir une éducation philosophique, saisir les problèmes de la vie intellectuelle, renforcer notre conscience historique, de manière à exprimer de hautes pensées. Les textes classiques sont la pierre de touche non seulement de la langue grecque moderne, mais aussi de toute notre vie intellectuelle». Puis sont choisies, dans son système philosophique, quelques questions dont l΄influence est directe aussi bien sur la philosophie du droit que sur la théorie générale du droit. 1. Le rapport entre philosophie et science juridique. Le point de départ de son système philosophique est l΄«axiologie», résultat d΄une pensée fortement platonisante, elle-même fruit du mouvement phlosophique de Heidelberg, dans les années 1922-1930, dont le promoteur Heinrich Rickert fut aussi son Maître. Ce point de départ inébranlable se retrouve aussi dans l΄enseignement de Constantin Tsatsos qui, en tant que Professeur à la Faculté de Droit de l΄Université d΄Athènes, a été le fondateur en Grèce de la Philosophie du Droit, avec sa structure idéaliste et téléologique. Ces deux Maîtres ont nourri la jeune génération d΄un enseignement dont les résultats se sont avérés particulièrement fructueux aussi bien dans le domaine de la Philosophie que dans celui de la Théorie Générale du Droit. 2. Fictions gnoséologiques et fictions juridiques. A partir de l΄ouvrage réputé de Vaihinger, Die Philosophie des als ob —qui a exercé une influence sur la théorie des «fictions juridiques», mais finalement sans succès— les thèses gnoséologiques de Théodorakopoulos sont indiquées, thèses qui constituent en même temps une réfutation du fondement de la théorie susmentionnée. Selon Vaihinger, la fiction consiste en l΄arbitraire de l΄entendement qui s΄appuie sur le caractère fictif de la méthode gnos-tique; le même phénomène se produit également quant aux «fictions juridiques», parce que, pour elles aussi, il existe ujje identité formelle de l΄acte intellectuel et de la forme représentative par rapport à toutes les autres fictions scientifiques. Mais selon Théodorakopoulos, et à juste titre, dans la science, la notion de Logos prend, certes, la forme de l΄hypothèse, «mais la science repose sur des jugements logiquement fondés, qui doivent correspondre aux phénomènes à expliquer». L΄hypothèse ne constitue donc pas une «fiction» d΄acquisition de connaissance, mais l΄unique artifice dont dispose l΄esprit afin de dominer logiquement les phénomènes au moyen «du jugement, qui se fonde toujours sur la certitude de l΄hypothèse» de sorte que le jugement, selon l΄expression d΄Aristote, en tant que «λόγος καταφατικός ή αποφατικός τίνος κατά τίνος» {An. Pr. Al, 24a, 16, et De Int. 5, 17a 8, 17a 25), ne repose pas sur une fiction. 3. La dialectique. Vieweq, dans son étude bien connue «Topik und Jurisprudenz», a soutenu, entre autres, que dans la science juridique on aurait dû remplacer la Logique par ce qu΄il appelle la «Dialogik», en tant que vision plus spécifique de la structure du dialogue et forme mieux convenable à l΄interpétation du droit, dans laquelle s΄introduit la «topique», comme promoteur de la coïnci- dentia oppositorum. L΄étude de Théodorakopoulos intitulée «Le dialogue, la dialectique et notre époque» se rapporte également à la réfutation de la théorie de Vieweq. Car c΄est à juste titre qu΄il souligne que «l΄unité et l΄adogmatisme du discours de la Philosophie sont toujours garantis par la méthode de cette dernière, qui est une: la dialectique d΄après le modèle platonicien, à savoir la dialectique de l΄esprit et de l΄entendement de l΄homme;» et il ajoute que «l΄entendement ne s΄abstient jamais du droit d΄interroger... et si nous enlevons ce droit à l΄entendement, nous enlèverons la nature même de l΄esprit». La «Dialogique» n΄apporte donc rien de nouveau à la «dialectique» de l΄esprit et la «topique» émane d΄une base qui néglige la structure téléologique du droit, qui régit aussi son interprétation. 4. La notion de République et son rapport avec la notion de Droit. Dans son étude intitulée «République, Droit et Nation», Théodorakopoulos expose que «la république au fond, est un système de valeurs par lesquelles l΄individu et la société donnent à la vie un sens et un contenu». Et après avoir souligné que «ce système de valeurs constitue la civilisation», il intègre aussi hiérarchiquement le Droit à la République «qui constitue, en tant qu΄accomplissement de l΄homme, une valeur primordiale de la vie et sou-tient et garantit toutes les autres valeurs de la notion de la République». Partant ainsi de la notion de la République —en tant qu΄unité téléologique de valeurs—, il procède à l΄examen tant de la notion du droit subjectif que de celle de l΄action en justice, auxquelles il lie toutefois celle du «devoir»; car il admet que, bien que le droit subjectif soit une notion juridique et le devoir une notion morale, cette différence n΄empêche toutefois que l΄une présuppose l΄autre. 5. La langue et son sens. Dans son étude «La langue et son sens» Théodorakopoulos examine tout d΄abord le sens de la langue dans la philosophie grecque ancienne: avec Socrate qui, par la simple question «qu΄est-ce?», demande l΄unité de sens que cache le mot et avec Platon, qui présuppose la notion socratique, mais approfondit et conteste la thèse de la sophistique, selon laquelle la langue et le mot sont tout à fait arbitraires; ainsi qu΄avec la thèse de Cratylle —maître de Platon dans sa jeunesse— qui soutenait que le mot est par nature réel. Et après avoir indiqué la suite de la thèse de Platon —qui admet que le mot est un instrument et n΄est pas identique à son sens, le mot étant mortel alors que son sens est immortel— il se livre à l΄analyse moderne du sens de la langue pour aboutir à la conclusion que la langue ne doit pas être considérée comme un instrument par lequel on caractérise une réalité qui est et existe indépendamment d΄elle même, mais comme une forme par laquelle on possède la réalité...; en d΄autres termes, «par la langue, l΄homme n΄exprime pas un Être, mais possède une nouvelle forme de l΄Être». Cette étude constitue aussi une sorte d΄introduction à la langue du droit, et apporte des résultats fructueux. Car, grâce à elle, la langue du droit est située dans un juste cadre philosophique et c΄est ainsi qu΄on évite nombre de tendances modernes de la théorie du droit basées sur un fondement purement linguistique, qui, à mon avis, éloignent les problèmes examinés de leur structure téléologique. 6. Sciences Historiques et Science Juridique. Dans le 4e tome de son ouvrage Introduction à la Philosophie, Théodo¬rakopoulos examine d΄une part la méthode des sciences naturelles et de l΄autre part celle des sciences historiques. Il suit l΄opinion de son maître Rickert et admet que le point essentiel pour la logique et la méthodologie des sciences historiques est la singularité et la particularité du fait historique dont on recherche l΄interprétation, à l΄opposé des sciences naturelles, qui examinent le phénomène en tant que manifestation et confirmation d΄une loi physique. Et c΄est à juste titre qu΄il remarque: «le disciple de Windelband, Rickert, a complété la différence conceptuelle entre science naturelle et science historique, et la valeur fondamentale de son œuvre réside en cela: il a lié la méthode des sciences historiques à la notion de valeur, et aucune critique n΄est parvenue à ébranler le fondement de son œuvre». Parmi les sciences historiques, il classe aussi la science du Droit dont l΄analyse plus approfondie a été entreprise par C. Tsatsos qui, à juste titre lui aussi, fait remarquer que: «Le monde de l΄histoire se connaît axiologiquement, car l΄essentiel y est le sens de l΄acte historique tandis que le sensible est un simple complément de l΄acte. Donc, pour tout théoricien, il en ressort nécessairenment deux questions: l΄acte existant a-t-il ou non une valeur? comment l΄acte à venir doit-il être élaboré pour avoir une valeur? La première question concerne la valeur de l΄acte, dont la détermination nous amène à la connaissance historique. La seconde concerne la formation de ce qui doit être fait, et cela nous mène à la connaissance déontologique. Les deux questions sont résolues par référence à un système de valeurs. "A la connaissance déontologique s΄ajoute le travail portant sur la formation de ce qui sera réalisé, qui s΄accomplit lui aussi axiologiquement. Cette distinction fondamentale entre sciences naturelles et historiques demeure donc inébranlable». 7. Logique. La thèse de Théodorakopoulos est favorable à la Logique substantielle. L΄influence de la Logique de Pfänder —collaborateur de Husserl— dont les opinions s΄accordent avec la pensée platonisante de Théodorakopoulos est manifeste. Il souligne que «c΄est de la définition que l΄on donne de la Science et de la Philosophie que dépendra la manière selon laquelle on comprendra et on définira la Logique. Car, les problèmes qui préoccupent l΄homme par rapport à la connaissance, le préoccuperont également dans l΄analyse logique». Ainsi se limite-t-il à l΄examen des problèmes fondamentaux de la Logique, à savoir notion, jugement et syllogisme, qui ont également une influence directe sur la Logique du Droit, surtout pour la concrétisation de la règle de droit et le fonctionnement du syllogisme subjonctif. 8. Politique, Liberté, Droit. ΄A la «Rencontre d΄Athènes», qui a eut lieu le 6.6.1964 à Pnyx, au pied de l΄Acropole, avec la participation des personnalités renommées, Théodorakopoulos a traité le thème «Grèce et Oekuméné». Il a remarqué: «L΄espace commun que crée la liberté politique est le droit et l΄ordre. La liberté ne doit être bornée que par les seules limites du droit et de l΄ordre. Au contraire, lorsque la politique émane d΄une foi religieuse ou d΄une théorie immuable de la structure du monde, de quelle forme que ce soit, elle contraint l΄ensemble des individus à accepter soit la foi soit la conception imposée du monde, de sorte qu΄elle aboutit toujours à la violence. Or, l΄essence de la politique réside dans la création d΄un espace pour tous et des possibilités d΄actions qui ne seraient pas dirigées contre autrui. C΄est ainsi que la seule foi qui doit réglementer la politique est la foi en la liberté». Il est regrettable que ce brillant Maître n΄a pu vivre les moments historiques de la dissolution des régimes antilibéraux et n΄a pas pu jouir de sa croyance en la Liberté.

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1991-1992

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