Ο Τσάτσος, φιλόσοφος της πολιτείας και του δικαίου

 

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Ο Τσάτσος, φιλόσοφος της πολιτείας και του δικαίου

Αραβαντινός, Ιωάννης Π.

L΄état et le droit en tant que questions se trouvent au cœur des méditations de Constantin Tsatsos (1899-1987), bien avant son élection en 1932 comme professeur de la philosophie du droit à l΄Université d΄Athènes et, après sa démission du professorat en 1946, tout le long de sa brillante carrière d΄homme public parachevée par son investiture à la présidence de la République hellénique (1975-1980). A ce questionnement persistant pour plus d΄un demi siècle Tsatsos consacra une grande partie de son œuvre et les prises de position qu΄il y maintint constituent de par leur cohérence un système de philosophie juridique dans la lignée des morales post-Kantiennes, qui dénote fréquemment un mode de penser original. Le système s΄articule autour de quatre thèses et d΄elles seules traite le présent aperçu afin de les remémorer. Selon la première thèse les idées de l΄état et du droit, pour autant qu΄elles soient concepts purement abstraits du monde intelligible appréhendés au-delà du flux des choses sensibles, ne diffèrent en rien et par conséquent ne font qu΄un seul modèle, qui doit servir à élaborer, au cours de l΄histoire, les institutions politiques et juridiques. L΄exigence de ces idées d΄assumer, à titre de modèle, un rôle régulateur se fonde sur leur valeur commune, qui n΄est autre que la liberté sociale partant la justice sociale et ne vaut que dans la mesure où elle s΄effectue. Il est donc clair qu΄en avançant sa première thèse Tsatsos se trouve déjà dans le sillage de la philosophie de Kant, bien qu΄il rejette le primat du droit prôné par celle-ci. Selon la seconde thèse l΄état et le droit sont identiques même sur le plan ontique, car chaque activité étatique est simultanément activité juridique et inversement; ainsi tous deux consistent en un seul ensemble d΄actes où se concrétise un moment de la dialectique de leurs idées. De ce fait le droit, dit naturel, n΄a rien d΄un droit; droit est uniquement le droit positif, non point nécessairement juste mais simplement juste par présomption jusqu΄à contrepreuve. En pareille occurrence, l΄arbitraire de la loi justifie pleinement la résistance des citoyens à s΄y conformer. Or, cette thèse indique nettement le cheminement audacieux de la pensée de Tsatsos pour concilier les idées transcendantales de la philosophie de Kant avec la dialectique de la philosophie de Hegel, en laquelle l΄idée signifie le concept et son effectuation. Selon la troisième thèse tout droit positif se compose de normes qui s΄échelonnent et aboutissent à une norme fondamentale. Cette norme, antérieure à la constitution, n΄est que l΄acte qui, à la fois, institutionalise un état, crée son droit et implique, grâce à son contenu substantiel, le devoir capital de réaliser la liberté sociale adéquate à une certaine époque historique — capital, puisque c΄est son infraction qui légitime les guerres et les révolutions par-devers l΄histoire. Aussi faut-il remarquer que Tsatsos, conformément à sa troisième thèse, s΄écarte foncièrement de la théorie de Kelsen, qui, au nom de la pureté du droit, considère comme norme fondamentale une hypothèse scientifique dépourvue de contenu. Selon la quatrième thèse le législateur doit édifier les lois et le juriste, éminemment le juge, les interpréter et les appliquer en se servant d΄une méthode unique, appelée téléologique. Quoique le législateur puisse agir dans l΄horizon circonscrit par la constitution et le juge dans celui plus restreint que délimite l΄ordre juridique en bloc, néanmoins tous deux sont tenus, en statuant, à réaliser la liberté sociale que dicte la norme fondamentale et au-delà la liberté tout court comme fin en soi, conséquemment à prendre leurs actes pour des moyens propres à la rendre tangible.

Επετηρίδα

Κωνσταντίνος Τσάτσος
Δίκαιο
Πολιτεία
Συστηματική Φιλοσοφία


1989-1990

Text

French
Greek



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